Différences spirituelles, sources de richesses ou de conflits?

Nous vivons dans un monde métissé, à tous points de vue. Et il faut apprendre à vivre là-dedans, avec toutes les différences que ça implique. On peut considérer que ces différences sont source de richesses. Je veux le croire! Mais la réalité, c’est que ce n’est pas simple. Non seulement nous vivons dans un monde métissé, mais nous vivons aussi dans un monde qui fabrique de l’isolement et du communautarisme. Si bien que beaucoup d’entre nous ne croisent plus beaucoup de gens qui sont différents et qui pensent différemment. Encore moins croisons-nous des gens avec qui échanger sur ce qui nous distingue. Pourtant, ne sommes-nous pas assez forts dans nos convictions, assez forts dans notre foi, pour pouvoir dialoguer avec des gens qui ne pensent pas comme nous, qui ne prient pas comme nous, qui ne confessent pas le même Dieu? Nous avons entendu avec le représentant musulman que c’est la volonté de Dieu que nous dépassions nos différences pour dialoguer. Le lama a évoqué les 84000 dharma pour affirmer qu’il n’y a pas qu’une seule voie spirituelle selon le bouddhisme. Le théologien catholique a raconté le sentiment de communion qui avait pu l’habiter lors d’un culte protestant ou au sein d’une mosquée. Un intervenant est venu nous rappeler que notre laïcité implique pour chacun la liberté de conscience et la liberté de culte. Notre République nous offre les éléments de base pour une reconnaissance mutuelle entre les différentes religions et confessions.

En chacun de nous présents, le désir de reconnaître les différences spirituelles comme sources de richesses. Pourtant, les tensions étaient là, même si nous ne voulions pas leur donner le pouvoir. La bonne nouvelle, c’est que, si nous pouvions ressentir ces tensions, cela signifie que le sujet n’était pas un sujet de convenance. Avec le théologien catholique, reconnaissons que le débat interreligieux est plein de richesses mais suscite aussi ces tensions. Ne soyons pas naïfs. Mais il est remarquable que, voici, nous en sommes arrivés à aborder un sujet sensible. Une confiance s’est donc installée au fil des années. Elle est encore fragile sans doute. Mais elle est là. A nous de l’entretenir et de la garder vivante.

La bonne nouvelle de la catéchèse oecuménique

En l’espèce de quelques jours, la catéchèse œcuménique (nouveauté ici!), les Rencontres Interreligieuses de Vézelay (qui s’étirent vers l’interconvictonnel) et la soirée œcuménique de Joigny. Avec, dans chaque temps, le souci du vivre ensemble. Avec, dans chaque lieu, la possibilité d’être assis à la même table, mais parler ensemble ou bien parler les uns après les autres? Etre vraiment assis à la même table ou bien simplement assis les uns à côté des autres? Bien sûr, réjouissons-nous de pouvoir être, dans ces différents temps, rassemblés. Bien sûr, réjouissons-nous de pouvoir simplement écouter nos différentes façons de parler d’un même sujet. Mais, je dois dire que je suis frappée que, dans le temps avec les ados, on n’a pas pris le temps des politesses; au contraire, j’ai eu l’impression de me trouver dans un tourbillon: tout le monde parlait ensemble. Vous imaginez? Des ados qui ne se font pas prier pour parler! Des gens qui ne cherchent pas à savoir qui vient de quelle église! Des gens qui ne s’inquiètent pas de repérer les différences. Et qui, pour terminer, se retrouvent à la même table pour manger ensemble, en partageant éclats de voix et éclats de rire. Cela dit, à la même table du petit déjeuner (conclusion des Rencontres Interreligieuses, qui se souciait lundi matin de demander à son voisin à quel titre il était là? Nous avons tous ensemble mangé du kouglof. Et tous déclaré que c’était bon.

 

Pourquoi ça, ça ne se partagerait pas?

Ok pour partager avec toi la bonne humeur d’un match de basket ou d’un match de foot

Ok pour partager avec toi la bonne humeur d’une séance de ciné ou d’un concert

Ok pour partager avec toi la joie d’une fête de famille ou d’une fête entre amis.

Mais, si tu savais combien je désire partager avec toi la Joie qui vient du Seigneur Jésus-Christ!

Tu en doutes? Tentes le coup!

Retrouvons-nous chaque dimanche au culte: 10h30, temple d’Auxerre, rue Saint-Pélerin

(Au plus près, gare-toi sur les quais)

Quel chemin pour aller à Dieu?

Prenez une carte de randonnée. Repérez un GR. C’est simple de suivre le chemin. Puis vient le moment où ce GR se divise en deux. C’est le même GR mais il y a deux branches. Lequel suivre de préférence? Ces deux chemins, tôt ou tard, se rejoignent. Et ils mènent au même point d’arrivée. C’est l’essentiel, non?

Image donnée par un ami chrétien.

Je suppose que, si je connaissais un peu mieux chacun de ces chemins, je choisirais le plus agréable des deux. Cela aussi est subjectif, n’est-ce pas?

Belle rencontre

Inattendue! C’est toujours comme ça, les belles rencontres.

Samedi, j’ai longuement discuté avec une femme qui habite Paris, qui est iranienne et shiite. Et voilà ce que j’en retiens.

D’abord une question: comment peut-on garder confiance en l’humain quand on est un enfant qui a vu la guerre et des bombes tomber?

Et une deuxième question, en fait: ce serait quoi un Dieu qui dit que tu ne dois pas manger ceci ou cela, alors que tu es un enfant? c’est ça, le Dieu dans lequel tu crois?

Je précise que ce ne sont pas mes questions, mais celles que cette femme a soulevées.

Et je conclus:

Je continuerai à annoncer la confiance en l’humain que Dieu désire (nous n’étions pas en désaccord sur cela)

Je suis heureuse d’avoir pu entendre cette sagesse féminine: elle parle d’un Dieu qui se soucie de l’humain.

Et tout ça, à un mois des Rencontres Religieuses de Vézelay!

Laisse la justice de Dieu régner sur ta vie

La justice de Dieu est quelque chose de très différent de la justice des hommes. C’est quelque chose de très différent de ta justice, cher lecteur. L’évangéliste Luc nous en parle en utilisant l’image du repas. Comme un repas où tout le monde est invité. Un repas où peu importe qui tu es, peu importe ce que tu manges. Peu importe les mondanités! Le règne de la justice de Dieu, c’est un temps où l’on ne se préoccupe pas de ce que les relations tissées apportent et profitent… Et, peu importe qu’on soit plus ou moins proche de ce maître-là, parce que l’essentiel est là: on est invité.

Le règne de la justice de Dieu, c’est un repas où on est tous invités, sans conditions: ni le fait qu’on ait les mêmes idées, ni celui qu’on appartient à la même classe sociale, ni celui qu’on approuve la façon de vivre des autres invités… que sais-je encore?

Le règne de la justice de Dieu, c’est comme un repas où ce n’est pas toi qui poses les critères pour accepter de venir. Tu viens, un point c’est tout. Tu viens parce que c’est quand même extraordinaire une justice qui est la même pour tous, non?

Le règne de la justice de Dieu, c’est maintenant.

 

Voilà ce qui peut se passer…

Ce matin, j’ai vécu un moment fort; je me suis sentie en communion avec toutes les personnes qui étaient présentes au culte… sans exception. Juste avant d’entrer dans la prière d’intercession, quelques-uns ont suggéré des sujets. Parfois en exprimant de la colère, de l’indignation. Toujours en témoignant de leur compassion. Toujours avec sincérité. Au moment de formuler la prière, je me suis sentie portée par tout cela. C’était plus fort que tous les mots réfléchis de la prédication. A mon avis.

Nul autre!

« C’est vous qui êtes le sel de la terre ». Si vous ne salez pas la terre, si vous ne mettez pas un peu de vous-mêmes dans la terre, qui d’autre la salera? qui d’autre lui donnera du goût? qui d’autre prendra soin de la terre et fera en sorte qu’elle produise des fruits ? Rien n’est bon s’il est trop peu salé, ni trop salé. « Vous êtes le sel de la terre », ne négligez pas l’importance de votre implication. Mais ne prenez pas trop de place non plus. Laissez-en Lui! C’est un équilibre à trouver. Et ça peut prendre un peu de temps. Persévérez!

 

J’ai tant de choses à vous dire

A force de ne pas savoir pas où commencer, ou de craindre de manquer de vous dire quelque chose d’important, je n’écris rien. Il faut absolument remédier à ça. Et par où commencer donc? Peut-être simplement vous dire où j’en suis… Je réfléchis à la prédication de ce dimanche. Je reste avec le texte du dimanche précédent (Genèse 4, versets 9 à 12). C’est que les textes bibliques sont si riches. On peut parfois choisir de ne pas quitter trop vite le texte. Et, sans trop le triturer, plonger encore en lui pour en rapporter, espérons-le, des trésors. Je continue donc à fouiller donc ce dialogue entre Caïn et Dieu, ce moment où celui-ci demande « Où est ton frère Abel? ». Oui, je persiste avec ce texte donc la lecture était proposée pour la Nuit des Veilleurs la semaine dernière. Associé alors à la parole « Aimez vos ennemis » (cf. Matthieu 5 43-48), il m’interrogeait sur qui il est facile d’aimer et sur la question de savoir qui sont mes ennemis. Il n’est pas dit de Caïn qu’il n’aime pas son frère, mais il est inscrit dans son nom qu’il est jaloux. A cause de la jalousie à l’égard de son frère Abel, Caïn le tue. Caïn tue ce frère dont le nom, Abel, dit qu’il n’est que buée. Il y a pour nous tant de frères en humanité qui ne sont pas plus que de la buée, ni visage, ni nom. Et j’entends aujourd’hui de ci de là se méfier de ces masses d’immigrants où pourraient se cacher d’éventuels ennemis. De quoi sommes-nous jaloux? Que craignons-nous de perdre? Au point que nos frères deviennent plus tôt nos ennemis, ceux qui nous voudraient du mal?Ce n’est pas rien que le Seigneur nous dise « Aimez vos ennemis ». En effet, c’est ainsi que nous en ferons des frères, pas tant des frères à aider, mais des frères avec qui partager…